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Interview AymyA “Il ne faut jamais s'arrêter de rêver”

Interview AymyA “Il ne faut jamais s’arrêter de rêver”

Anaïs est partie à Liège à la rencontre de la DJ et productrice AymyA. L’artiste se confie en long et en large sur son parcours, ses débuts, ses inspirations, son implication dans la scène bass music belge et son ressenti sur sa place en tant que femme, DJ et productrice. En plus de l’article écrit, retrouvez également la rencontre au format vidéo disponible sur la chaîne Youtube 7kulturs qui comprend l’interview classique ainsi que l’interview Bass Choices.

Interview

Pourquoi est-ce que tu as choisi le nom de scène “AymyA” et pourquoi avec le A majuscule ?

Alors AmyA, ça vient du début de mon prénom, donc Aymerine. Et en fait, tout simplement, un jour je me suis dit, et si je faisais un palindrome ? Donc en prenant les trois premières lettres, je les ai inversées. Donc ça fait AymyA. Et justement, pour avoir cet effet miroir, palindrome, j’ai mis le A majuscule à la fin, c’est pour ça qu’il est très important.

AymyA

Quand as-tu commencé à mixer ?

J’ai commencé à mixer il y a trois ans, en 2023. Ça fait trois ans ce mois-ci justement. 

Aymya

Où est-ce que tu as mixé pour la première fois ? 

La première fois ou j’ai mixé en public, c’était une invitation par le Out Of Control Crew à St Vith. Ils faisaient une soirée dans une petite maison des jeunes trop sympa. C’était vraiment super chouette et pour l’occasion, j’avais même réussi à ramener mes parents. Ils sont venus me voir pour mon premier set. Toute ma famille était là, avec mes amis. C’était vraiment très rassurant et ça m’a permis de me lancer en tant que DJ. C’était incroyable de voir mon papa devant de la neurofunk.

Aymya

Tu es co-fondatrice de Bass Theory, quelles sont les valeurs de cette ASBL ?

Les valeurs de l’ASBL, c’est de ramener sur le devant de la scène, ici à Liège et même en Belgique, des sous genre de drum & bass qui sont trop souvent peut représenter. Donc là pour l’instant, on a vraiment misé sur le sous-genre neurofunk. Mais rien ne nous empêche un jour de partir vers d’autres sous-genres de drum & bass, ou même d’autres genres de bass music. Et Bass Theory, c’est aussi surtout donner une place aux artistes locaux qui ont parfois du mal à trouver leur place sur scène. Les artistes locaux ont vraiment quelque chose à donner parce qu’ils veulent prouver et on a vraiment envie de les mettre en avant. On fait ce qu’on peut et on fait ça avec le cœur et avec amour.

Aymya

Quand est-ce que Bass Theory a été fondée ?

On l’a fondée en 2022 et on était quatre, donc quatre amis qui fondent une asbl. Et maintenant on est à peu près dix dans l’association. Il y a eu des départs, des arrivées, mais voilà, l’asbl suit son cours.

Aymya

Qu’est-ce que tu aimes le plus dans la neurofunk ?

J’aime beaucoup ce côté très complexe de la neurofunk qui me fait réfléchir. Et j’aime d’autant plus la neurofunk qui est très mélodieuse mais hard à la fois. Ça permet de ressentir des émotions fortes, avec beaucoup d’énergie et en plus de faire voyager. C’est vraiment ce côté très complexe de la neurofunk que j’adore. Ce que je ressens pour la neurofunk, c’est vraiment particulier. Bon, la drum & bass aussi avec son pattern exceptionnel, le rythme est super entraînant. Mais c’est vraiment la neurofunk que je préfère.

Aymya

Quelles sont tes plus grandes inspirations ?

Alors, mes inspirations, si je dois aller ailleurs que dans la drum & bass mais toujours dans la bass music, ce serait Apashe qui est vraiment une de mes inspirations coup de cœur. Il y a aussi Ekwols, qui est dans le label Evolution Chamber. Il fait, comme je disais juste avant, de la neurofunk hyper mélodique mais super super énervée en même temps. Enfin, si je dois aller dans le local, je dirais Nydus, celui avec qui j’ai créé un duo Chyral, qui est vraiment une inspiration de tous les jours dans sa manière de construire ses sets et même dans les musiques qu’on crée ensemble. C’est vraiment une grande inspiration pour moi.

Aymya

Est-ce que tu peux nous en dire plus sur ton duo “Chyral” ?

On a créé le duo ici début 2026 et on vient de finir notre première track. Elle est masterisée et prête à envoyer au label. J’ai l’impression qu’on se comprend vraiment bien dans la musique. Parfois, on n’a même pas besoin de se parler pour mixer ou pour faire de la musique ensemble, on se comprend direct. Donc on s’est dit, ça marche trop bien, et du coup c’est parti ! Et j’ai trop hâte de voir la suite parce que je pense que ça promet des choses vraiment chouettes.

Aymya

As-tu un set que tu as préféré mixer ?

Je pense que si je devais en retenir un set où l’émotion était vraiment folle, où j’ai failli verser une larme à la fin de mon set tellement les gens étaient incroyables… C’était à l’Exoterra en 2025 à Bruxelles. C’était une soirée organisée par Blanquette and Bass et Broken’bass, c’était vraiment exceptionnel. J’ai joué juste après Pythius, donc la pression était au maximum, mais les gens ont super bien accueilli. Le public était incroyable et franchement je pense que pour l’instant, c’est mon set préféré. C’était exceptionnel.

Aymya

Depuis quand es-tu passionnée par la drum & bass mais aussi la neurofunk ?

Je dirais que j’ai vraiment commencé à écouter de la drum & bass en 2018, donc finalement, c’est quand même plutôt récent. J’en avais déjà écouté avant, mais c’est vraiment en 2018-2019 que je suis rentré à fond dedans, et encore plus dans la neurofunk avec la sortie “Mantis” de Magnetude. C’est cette track-là qui m’a fait rentrer dans la neurofunk de fou.

Aymya

Quel serait ton B2B de rêve ?

Il y a deux ans j’aurais dit Notequal, parce que j’adore. J’adore les prods de Notequal, elles sont exceptionnelles, très neuro Tchèque. Et si je partais dans une autre direction, je dirais Ekwols. Enfin ça reste toujours de la neurofunk mais humainement parlant, c’est vraiment quelqu’un d’exceptionnel donc j’aurais vraiment beaucoup de chance si un jour je faisais un B2B avec lui.

Aymya

Quelle est ta track préférée / du moment  ?

Pour l’instant je dirais c’est “Raido – Who Got The Funk VIP”. C’est très heureux, ça tabasse et c’est exceptionnel. Sinon, si je sors de la drum & bass, mais que je reste dans la bass music, je dirais une track de “Ganja White Knight – Rise Up”. Exceptionnelle comme track, mélodieuse, émotionnelle, c’est tout ce que j’aime. Donc voilà, je dirais ces deux là.

Aymya

Où est-ce que tu rêverais de mixer prochainement ?

Au Let It Roll. Je n’ai pas réfléchi longtemps… [Rires]. Ou au Darkshire. Franchement, c’est évidemment le goal pour toute personne je pense qui mixe de la drum & bass ou de la neurofunk, c’est d’aller du côté République Tchèque. Faire mes débuts là-bas, ce serait un rêve pour moi.

Aymya

Quelles sont tes prochaines dates ?

Mes prochaines dates, notamment de ce qui est annoncé, c’est le 2 mai, pour le Bruxelles Bass Festival 2026, au Circle Park, justement avec Blanquette and Bass et Broken’bass. N’hésitez pas à venir au passage, ça va être vraiment chouette, j’ai hâte ! Il y aura Agressor Bunx qui est aussi une de mes inspirations en production. Et sinon, il y a le 30 mai au club Ampere à Anvers avec Maëlie Invite Hot Girls Play DNB en collaboration avec Rampage.

Aymya

Est que tu comptes sortir des sons prochainement ?

Ben là pour l’instant, je me suis mise à la production solo aussi. Donc je suis en train de terminer une track en solo et ça arrive. Le fait d’avoir commencé justement ce duo avec Nydus m’a permis de me mettre vraiment dedans et là c’est un but, d’ici la fin de l’année, c’est de sortir une prod de Aymya. Franchement, c’est vraiment un rêve pour moi de produire de la musique et je vais tout donner pour faire ça bien. J’ai hâte de continuer la vie justement de voir tout ce que la vie peut m’offrir.

Aymya

Si tu devais choisir entre ton métier et ta carrière DJ ?

Alors franchement, j’adore les sciences, ça m’a toujours passionné. Mais je crois que ce qui me passionne encore plus, c’est la musique. Ça, ça me fait vibrer plus que la passion. Et donc, si je pouvais vivre de la musique, je choisirais la musique. Mais en gardant mon esprit scientifique.

Aymya

Tu as gagné plusieurs concours récemment, comment ça se passe ?

C’est vrai que j’ai participé à pas mal de concours et effectivement ça m’a permis de faire découvrir du point de vue des organisations. En général, je prépare un set comme si j’allais le jouer en live, et je mets beaucoup d’importance à essayer quand même de faire des sets différents à chaque fois et surtout qui représentent ma personnalité. Comme ça les organisations peuvent vraiment voir qui je suis. Parfois, ça m’arrive de reprendre des parties de concours auxquelles j’ai participé et de les jouer en live après. Donc il y a vraiment tout un processus créatif. Ça me permet parfois de me faire repérer même si je ne gagne pas le concours.

Un des premiers concours que j’ai gagné, c’est le concours pour participer à Dour. Donc j’ai eu la chance de jouer à Dour en 2024. C’était vraiment génial, l’accueil là-bas était vraiment fabuleux et les gens aussi, c’était super chouette. J’ai gagné aussi le concours pour jouer au Maëlie invite Hot Girls plays DNB avec Rampage ici pour fin mai. La semaine passée, j’ai pu jouer à Utrecht et ça c’est aussi grâce au concours The Void. C’est déjà arrivé plusieurs fois qu’on me recontacte plusieurs mois plus tard et qu’on me dise qu’on a vraiment bien aimé ton set.. C’est arrivé notamment avec High Rollerz, ce qui m’a permis de me produire plusieurs fois en Flandre et grâce à eux. Mais parfois ça marche et donc ça m’a permis de jouer à des super gros événements et de réaliser plusieurs rêves.

Aymya

Qu’est-ce que tu conseillerais à des producteurs·rices·x qui voudraient se lancer ? Et surtout en tant que femme ?

Le conseil que je dirais, ce serait de rester soi-même, faire ce qui nous anime et surtout être guidé par sa passion. Je pense que c’est vraiment le plus important. Si on essaye d’être quelqu’un d’autre, je pense que ça va d’office se voir et tant qu’on est aligné avec soi-même et qu’on fait quelque chose qui nous plaît, je pense que c’est ça le plus important. Essayer, oser se lancer, même si je pense que c’est le plus dur. Et une fois qu’on est parti, croire en soi surtout. Ça c’est peut être la chose la plus importante. Et surtout ne jamais s’arrêter de rêver. Parce que c’est en rêvant qu’on peut aller plus loin. Si on ne rêve pas, on reste toujours là. Prenez en compte.

Et par rapport au point de vue en tant que femme. C’est clair que le milieu du DJ et de la production reste quand même un milieu majoritairement masculin. Et c’est vrai que c’est difficile de se lancer en tant que femme. Parfois, il y a des événements qui mettent les femmes en avant et donc on va dire que c’est plutôt un point positif. Mais parfois on est encore fort discriminées, que ce soit sur notre physique, sur notre manière de nous habiller. Donc moi j’essaye vraiment de combattre ça au quotidien, de ne pas en faire trop, de juste rester moi même et de montrer qu’en fait les femmes ont du talent aussi et que on n’est pas toutes des fake DJ. Il y a des fake DJ autant chez les femmes que chez les hommes. C’est vraiment quelque chose pour lequel j’essaye de batailler tous les jours. Les femmes on est là quoi en fait… Girl Power.

Aymya

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