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Rencontre avec Cédric Ballarati

Miniature - Interview Cédric Ballarati

Crédits d’image: Cédric Ballarati.

Une fin d’après-midi en plein confinement, l’équipe de 7kulturs se connecte en visioconférence pour rencontrer virtuellement leur invité : Cédric Ballarati, un photographe belge, exilé en Louisiane avec sa famille pour l’instant. Nous avions fait sa connaissance via les réseaux, notre intérêt a vite été suscité par son travail. L’envie de s’entretenir avec lui est naturellement née. Nous sommes impatients d’entamer cette interview. Il se connecte, attifé d’un sourire et d’une bienveillance palpable même au travers de nos écrans. Il est prêt à commencer, nous aussi…

Cédric qui?

Il n’y a pas de hasard, il n’y a que des rendez-vous. Et celui de Cédric avec la photographie est arrivé au début de ses études universitaires en architecture.
À la suite d’un stage d’initiation, il fait l’acquisition d’un appareil photo d’occasion et commence à capturer divers clichés au hasard sans avoir la prétention d’en faire commerce ou de les montrer à qui que ce soit.

Il utilise le mot “hobby” à contre-cœur, car il sonne dans les oreilles populaires comme une occupation désuète. Mais pour lui, ce mot définit sa nouvelle passion : la possibilité d’exploiter et explorer tout ce qu’il désire au travers des différents aspects et des techniques qu’offrent la photographie.

Dans le cadre de ses études, il se rend à Turin. C’est là qu’il commence à affiner sa touche artistique. Il préfère photographier des scènes urbaines sans interaction avec les autochtones dans un souci de prendre d’un point vue extérieur “l’ici et maintenant de la vie”. Dans le même temps, la Fnac de la ville lui offre l’opportunité de participer à des workshops avec des artistes de renommée, grâce à quoi il commence à approfondir son style et sa technique pour trouver la touche qui lui est propre aujourd’hui.

Que voit-il ? Que fait-il?

Plaisir et liberté, tels sont les mojos de Cédric à ses débuts. En effet, l’artiste n’a pas un objectif de résultat, mais plutôt de moyen. Il se considère être plus dans une démarche où il capture des moments, des instants qui lui plaisent ou encore des ambiances qui l’inspirent à ce moment-là. Il ne lui vient jamais à l’idée de photographier avec comme finalité de réaliser une exposition. Au contraire, c’est lorsqu’il développe toutes ses diverses pellicules photos qu’il décèle alors parfois une corrélation entre certains clichés. C’est là qu’il trouve le fil rouge pour composer différentes séries.

Cédric Ballarati - Enjoy - Ecuador Banos
Cédric Ballarati – Enjoy – Ecuador Banos

Il lui importe aussi d’aller au-delà de la photographie, en associant à ses réalisations des proses “non pas de ce que l’on voit, mais ce que lui a ressenti”. C’est le cas par exemple dans son ouvrage “Terre de chiens”, où chaque cliché est accompagné d’un texte (écrit par sa main ou emprunté à un auteur) qui suppose être le témoignage direct du chien photographié. Cette fantaisie ajoute une réelle plus value à la photographie et une immersion augmentée pour le lecteur au cœur de son travail.

En réponse à Véronique, on apprend que pour l’instant, il a délaissé l’argentique pour le numérique. Cependant, il se voit bien y retourner, mais plus pour l’aspect philosophique : de sorte à ne plus appuyer de manière intempestive sur l’obturateur et privilégier les moments d’exceptions.

La toute première chose, c’est le plaisir personnel d’être en action. À l’inverse d’être assis face à un ordinateur, être dans la rue, d’être couché à terre, attendre pendant un certain temps, se relever au milieu de la nuit pour un cliché. C’est une sorte de mise en inconfort, qui est dur au début, mais qui fait que l’on se sent vivre et qu’on fait quelque chose qui nous correspond.

Cédric ballarati

Contrairement à ses débuts, l’envie de montrer son travail par une exposition et toute la réflexion en amont que cela implique l’intéresse davantage, car elles entrent à présent dans le processus créatif de l’artiste. Le choix des photos, des séries, la manière de les agencer lui procure à présent une réelle source de joie. Dans son travail, la contrainte joue un rôle majeur au service de sa créativité, qu’elle soit contextuelle (une belle lumière, un endroit intéressant…) ou imposée par autrui.

Cédric Ballarati - Invasion Normandie
Cédric Ballarati – Invasion Normandie

L’entretien frôle les deux heures, et pourtant nous aurions pu encore discuter. L’équipe ne tarit jamais de questions et Cédric y répond avec autant de patience et d’intérêt que lors des premières minutes, nous sommes dans une véritable discussion et ce fût un moment très enrichissant pour nous à écouter. Il parlait de voyage, vision, technique. 

Mais ce que nous retenons surtout, c’est la relation win-win qu’il entretient avec son art. Ils s’alimentent l’un l’autre formant un véritable cercle vertueux. Et à l’entendre, nous aussi étions rassasiés. Il nous tarde déjà de pouvoir vous en reparler.

Et aujourd’hui ?

On passe maintenant au présent avec les actualités de l’artiste. On vous informe d’abord que la majorité de son travail se trouve tout simplement sur son site internet, le tout classé par séries de photos ou catégories :

À savoir également que la série de photo “Enjoy” a également fait partie d’une exposition virtuelle (merci le COVID) au Chili, rien que ça ! Cela s’est déroulé le 20 mai dernier à la Casa del Arte Jose Clemente Orozco de Conception. Vous pouvez visionner l’interview de l’inauguration de l’exposition virtuelle sur Youtube.

Cédric Ballarati - Terre de chiens
Cédric Ballarati – Livre Terre de chiens

Une autre grosse actualité de l’artiste est son livre “Terre de chiens”, que l’on a eu l’honneur de recevoir par la poste ! Un ouvrage relié où l’artiste nous emporte au fil de ses voyages avec comme sujet principal nos amis à quatre pattes. Ces derniers sont immortalisés dans leur biotope et l’artiste leur prête une voix par un texte, un poème, une citation. Une véritable expérience anthropomorphique qui sublime la représentation de l’œil du photographe. Chez 7kulturs, on aime les chiens, on aime la fusion texte/image, ce livre trône déjà tel le Saint Graal dans nos locaux. Il ne nous reste plus qu’à vous enjoindre de vous rendre dans les librairies où cette pépite est mise en vente.

Le texte du livre “SEA, SEX and SUN” à d’ailleurs été retenu au projet d’écriture sur les murs de la Ville de Liège qui s’appelle “Lectures sensibles”. Un projet initié par le théâtre de la Ville de Liège qui consiste à placer, de façon durable, des centaines de phrases poétiques d’auteur.trice.s vivant.e.s, de manière discrète mais visible, sur les vitrines et les espaces publics du centre de la ville.

 

Cédric Ballarati - Terre de chiens - Pina
Cédric Ballarati – Terre de chiens – Pina

Le Feedback de l’équipe

Ce que j’apprécie particulièrement, c’est la démarche de cet artiste. Ce que l’on ne voit pas et qui donne alors de si beaux clichés. Sa série “Enjoy” m’a réellement absorbée. Il me paraît être un conteur des temps modernes, il raconte des histoires avec des images. Son choix dans les compositions sont justes, elles piquent là où il faut. 

Sou

Un artiste de choix, de talent et humble. Je trouve que son travail fait écho, à tout un chacun, en fonction des séries et surtout, en fonction de l’instant. Pour ma part, son œuvre me parle à différents moments de vie, parfois je suis attirée par Enjoy parfois par Terre de chien ou autre. C’est l’instant ou l’on regarde l’œuvre qui nous aide à la comprendre et à s’approprier l’harmonie de celle-ci. Je trouve que le rendu et le plaisir que Cédric prend à photographier se ressent et mention particulière pour ma part à son livre Terre de Chiens qui a complètement fait chavirer mon coeur tant la justesse des photos et des propos me transporte.

Zoé

De premier abord, les photos de Cédric ont l’air banales de par leur simplicité. Une fois que l’on est dans les séries, on comprend que c’est ce qui fait leur richesse. On ressent l’intensité de chaque cliché au travers d’émotions fortes et parfaitement mises en valeur. C’est là que son travail devient vraiment original, particulier et très intéressant, le tout saupoudré d’un rendu esthétique très qualitatif.

Jérôme

Crédits d’image: Cédric Ballarati.

Juste pour info

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Un commentaire

  1. Merci à toute l’équipe de 7Kulturs pour la très agréable interview et ce article très complet, qui m’électrise pour poursuivre !
    A bientôt, Cédric Ballarati