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Comment la jump up des années 2010 a changé la drum & bass pour toujours

Comment la jump up des années 2010 a changé la drum & bass pour toujours

Bienvenue dans ce nouveau format sur le média 7kulturs. En plus de l’article classique, retrouvez également le contenu au format vidéo longue disponible sur la chaîne Youtube 7kulturs. On s’attaque aujourd’hui à un des sous-genres les plus emblématiques de la drum & bass, la jump up. Ce format est en partenariat avec Bad Habitz et leur prochain événement Bad Habitz XL le 14 février dont on vous parle en fin d’article.

C’est quoi la jump up ?

La jump up, c’est un sous-genre de la drum & bass qui émerge au Royaume-Uni dans le milieu des années 90. À cette époque, la jungle et la drum & bass règnent en maître mais c’est des basses lourdes, rebondissantes, des samples parfois humoristiques et surtout des rythmes plus simples et très festifs qui vont distinguer ce nouveau style qui fera entrer la drum & bass dans une nouvelle ère. Ce sont des artistes tels que Roni Size, Krust, Aphrodite, DJ Zinc ou encore Die qui donnent l’impulsion à ce nouveau mouvement. Pourtant, c’est encore fort éloigné de ce qu’on connaît aujourd’hui et c’est seulement quelques années plus tard que le style décolle.

Débuts timides

Il faudra attendre le milieu des années 2000 avec des producteurs comme Hazard, DJ Hype, Clipz, Distorded Minds pour populariser encore plus le style qui ressemblait davantage à celui d’aujourd’hui. C’est d’ailleurs un titre de Hazard et Distorded Minds, « Mr Happy », que tout le monde a sûrement déjà entendu une fois, qui fera littéralement exploser le style jump up ainsi que la drum & bass en général en 2007. Il est important de comprendre que ce genre de morceaux et leur impact ont ouvert la voie aux futur·es artistes. Cela a aussi grandement contribué à développer la scène que l’on connaît aujourd’hui au-delà du Royaume-Uni, que ce soit en Belgique ou en Allemagne.

L’explosion des années 2010

La drum & bass et encore plus la jump up se développent plus que jamais dans le début des années 2010. Portés autant par des artistes tels que DJ Guv, Levela, Majistrate, Macky Gee, SaSaSaS (Skibadee, Shabba D, Harry Shotta, Stormin, Phantasy et Macky Gee), Hedex, Logan D, Majistrate ou encore Premium que par les artistes de la première heure, à savoir Roni Size, Krust, Dj Hype, Hazard ou encore DJ Zinc (également au sein du Ganja Kru avec Hazard & Pascal). C’est également l’époque où le partage de musique sur internet connaît une réelle révolution. Que ce soit sur Youtube avec des médias comme UKF, Jump Up Cave, Drum & Bass Arena, Hospital Records sans oublier les sites comme DNBShare, ou encore la plateforme d’écoute et de partage Soundcloud.

C’est surtout en Belgique et en Allemagne, en plus du Royaume-Uni, que la scène se développe le plus. Au travers d’organisations telles que Invaderz, Bad Habitz, ou encore Rampage. Plus particulièrement dans la ville d’Anvers, qui demeure toujours d’ailleurs, la capitale de la musique électronique underground pour plusieurs générations. Longtemps à ses débuts, le style jump up est considéré comme un style qui attire un public plus jeune, mais donne une crédibilité pour se développer davantage dans les clubs de la ville et du pays.

Certaines tracks deviennent des hymnes chantés et dansés dans chaque événement. Et c’est sûrement ça qui différencie le plus la jump up de ces années-là, son côté festif, entraînant, sa simplicité mais surtout son efficacité qui fédère. Il n’y a qu’à voir un set du collectif SASASAS lors d’événements comme Rampage de ces dernières années. Le cœur est à la fête et à l’union avec des MCs survoltés qui balancent leurs lyrics sur un mélange d’anthems et de tracks originales terriblement énergiques avec moins de complexité technique que d’autres styles de drum & bass.

Avec des dizaines de titres maintenant considérés comme des classiques, qui sont soit samplés, soit remixés, soit considérés comme des références. On vous a demandé sur Instagram une sélection des meilleures tracks qui représentent au mieux cette période historique de la jump up, voilà une playlist avec notre sélection mélangée à vos suggestions disponible sur toutes les plateformes d’écoute.

Différenciation et développement depuis 2020

La force infinie de la musique électronique, c’est la passion et l’évolution des genres jusqu’à un nouveau sous-genre qui le définit si bien qu’il devient un autre arc logique du style pour le public et les producteurs en prouvant sa légitimité d’exister. On distingue 2 variantes existantes, la jump up anglaise et la jump up belge

La jump up anglaise est simplement la continuité de la base expliquée précédemment, une influence du Royaume-Uni avec autant l’héritage de la jungle que des samples de hip-hop, des basses plus robotiques et un côté toujours fun et festif.

La jump up belge, davantage développée et popularisée dans le nord du pays, se caractérise par un cassage de code très important. Que ce soit par la présence de drops multiples, un sound design strident, parfois “froggy” (bruit de grenouilles) mais surtout plus agressif avec des basses rebondissantes et une rythmique volontairement instable pour créer la surprise du public.

En plus de ces deux variantes, il existe également le terme clownstep. Il a beaucoup été utilisé, parfois comme terme péjoratif, représentant les sons old school d’avant 2010. Cette étiquette était mise aux sons, parfois un peu brouillon, étouffés, avant que l’on considère être dans l’ère de la jump up actuelle. C’est évidemment, la base de beaucoup de son et ce qui a ouvert la porte à ce qu’on a aujourd’hui. C’est également une période avec des classiques d’anthologie de la part d’artistes tels que Original Sin, Andy C, Pendulum, High Roller et bien d’autres encore.

Il est également intéressant de mentionner que pour la plupart du public, la jump up anglaise est plus vite considérée comme la version old school et que la jump up belge est considéré comme la new school. C’est d’ailleurs un véritable concept d’événements proposés ces dernières années par des organisations comme Bad Habitz, Invaderz, Crucast, DNBCollective, DNB Allstars et autres de proposer une programmation “Old school VS New School”, parfois entièrement composée de jump up.

On voit tout de même de plus en plus d’artistes explorer plusieurs sous-genres de drum & bass pour contenter un maximum de public. Cela peut s’expliquer en partie avec le développement des réseaux sociaux, la popularité toujours plus grandissante pour la musique électronique et les raves de plus en plus XXL. On pense directement à une nouvelle vague d’artistes anglais ou belge, que ce soit T-Lex, Kanine, Turno, Jaybee, Simula, Primate, Gino, Captain Bass, Disrupta, Atmos, ou encore Noir.

Avenir et héritage

La jump up, tout comme le mouvement drum & bass, est actuellement en plein essor et ne cesse d’évoluer et propose toujours de nouveaux arcs, parfois encouragés, parfois décriés, mais cela fait partie de son évolution. Une chose est sûre, elle n’en serait pas là sans l’énorme héritage que les années 2010 lui ont laissé. Autant de par la passion et l’investissement de son public, que par sa popularisation via internet, les réseaux sociaux et les moyens de communications actuels. À l’heure actuelle, la plupart du public si fidèle des années 2010 est soit toujours en rave à soutenir la popularité établie du genre, soit est passé de l’autre côté en tant que producteur·ices pour partager leur passion et leur vision au travers de leur musique. 

Cette scène, à l’heure d’aujourd’hui, est assez riche et équilibrée, représentée d’un côté, par des DJs et producteurs·rices légendaires qui ont fait de ce mouvement ce qu’il est aujourd’hui cité·es précédemment. Et représentée d’un autre côté par énormément d’artistes émergents débordant de créativité et qui cassent les codes et innovent toujours plus loin. Souvenez-vous de soutenir votre scène locale ; voici quelques talents à qui vous pouvez donner de la force : Bonk, Mellow, Juliux, Construktiv, Campos, S’il Vous Plaît, Weut, Kyli, Chamber ou encore Sennix.

Campos B2B Tempo B2B Anticipate - Bou's House 22.11.25 - Arthur Ranzy
Campos B2B Tempo B2B Anticipate – Bou’s House 22.11.25 – Arthur Ranzy

Votre prochain rendez-vous

Si cet article vous a plu et que le sujet vous parle, le prochain rendez-vous représentant le mieux cet univers, c’est sans aucun doute à l’Artcube de Gand le 14 février 2026 à la Bad Habitz XL. Un parfait mélange entre légende et scène émergente, mais aussi entre jump up anglaise, belge, old school et new school.

Bad Habitz XL
Bad Habitz XL

Vous y retrouverez une programmation très qualitative avec en tête d’affiche, Macky Gee, véritable pionnier de la jump up moderne. Upgrade, maître incontesté de lignes de basses percutantes à l’anglaise. On y retrouvera également Profile B2B Filthy Habits pour un mélange explicite de résonances old school et rythmées. Maze, le DJ et producteur belge qui transmet une énergie folle sur scène. Mais aussi Breakout B2B Jaybee, Noir, VDV, Campos, Exception B2B Ninx et Tempo. Le tout chaleureusement encadré par 3 MCs de renom, Skywalker, Mitch et Drivah.

Retrouvez toutes les informations de l’événement sur le site officiel de Bad Habitz. Ne traînez pas, la dernière vague de tickets est en cours au prix de 33,18€. Amusez-vous bien et prenez soin de vous et des autres.

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Crédits d’image: Arthur Ranzy.

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